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Mali : Les violences au centre du pays atteignent une ampleur sans précédent

Alors que le Mali est déjà confronté à une crise politico-sécuritaire depuis 2012, la violence s'est intensifiée dans la région du centre et affecte

Alors que le Mali est déjà confronté à une crise politico-sécuritaire depuis 2012, la violence s'est intensifiée dans la région du centre et affecte gravement la population civile au point d'engendrer une crise humanitaire sans précédent. Parallèlement à ses projets réguliers, MSF apporte une réponse aux urgences dans cette zone afin de venir en aide aux personnes les plus vulnérables. Malgré les difficultés liées au contexte sécuritaire, des cliniques mobiles ont été déployées afin d'offrir des soins curatifs, préventifs et psychologiques aux populations affectées par la violence et qui n'ont plus accès aux soins de santé.

«Un climat de violence s'est désormais installé dans le quotidien des populations du centre et du nord du pays. Dans le centre cependant, les incidents sécuritaires et les conflits intercommunautaires n'ont cessé de croître depuis plus d'un an, ConstatePatrick Irenge, coordinateur médical de Médecins Sans Frontières (MSF) à Bamako depuis 2017.Lesmassacres du village d'Ogossagou (mars 2019) et dernièrement du village de Sobane (juin 2019) qui ont fait respectivement 160 morts et 35 morts, dont 24 enfants (bilan du 17 juin 2019), en sont la triste preuve. Le bilan lourd de ces attaques a d'ailleurs généré une couverture médiatique internationale et provoqué l'indignation générale. Malheureusement, bien que la violence inouïe de ces événements funestes soit singulière, il ne s'agit là que de deux exemples parmi une multitude d'autres.» La région de Mopti est en effet aujourd'hui frappée de façon récurrente et à une fréquence quasi quotidienne par des attaques ou des violences qui affectent les populations civiles, créant ainsi un climat d'insécurité, de peur et de méfiance.

Des interventions ciblées permettent de venir en aide aux personnes les plus vulnérables et de les protéger temporairement sur le plan sanitaire, malgré l'insécurité. Utilisée dans les projets réguliers de MSF, cette stratégie implique des cliniques dites «one-shot»consistant à profiter d'une fenêtre sécuritaire, comme une accalmie temporaire dans une zone précise, pour déployer une équipe qui fournira le maximum de soins sur place, y compris les traitements préventifs et les vaccinations. Plus de 180 consultations sont parfois réalisées en une seule journée.

L'insécurité étant une variable instable et très imprévisible, MSF a également décidé d'adapter ses opérations à la situation de conflit du centre et du nord du Mali. «Une des mesures a été d'impliquer davantage la communauté dans la prise en charge de certaines maladies, grâce à la formation des agents de santé communautaire (ASC) et à la mise à disposition de médicaments,ajoutePatrickIrenge. Ainsi, pour les pathologies telles que le paludisme ou les diarrhées, les malades sont pris en charge au sein même des communautés, ce qui leur permet d'éviter toute complication dû au manque d'accès. Les ASC sont également formés au suivi des grossesses et à la détection de la malnutrition et des signes de maladies graves, afin de référer à temps les cas vers les structures compétentes.»

Cette méthode de décentralisation des soins a également été appliquée dans les communautés nomades qui, du fait de leur mode de vie, ont un accès limité aux structures de santé. Mais la situation humanitaire continue de se dégrader de jour en jour. «Notre appréhension aujourd'hui est que l'insécurité continue de s'intensifier et prive inévitablement d'accès aux soins de santé et aux biens de première nécessité de plus en plus de personnes.» conclut Patrick Irenge.


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